Le Jardin de Beamon  de Fabrice Melquiot

Texte
Fabrice Melquiot


Mise en scène
Pierre-Etienne Vilbert

Assistante mise en scène
Violaine Dargent

Scénographie, Costumes et Marionnette
Yvan Robin

Lumière
Stéphane Wolffer

Avec
Stéphane Brouleaux (création)
Alain Moussay
Denis Marc
Linda Lemmetty
Julien Siehr (reprise)

Durée : 55min

Reprise au TAPS-Gare à Strasbourg - Janvier 2011
Création au Théâtre Le PréO à Oberhausbergen en Avril 2010

Avec le soutien du Ministère de la culture et de la communication Direction régionale des affaires culturelles d'Alsace ainsi que le soutien de la Communauté Urbaine de Strasbourg

L'histoire 
 

Beamon est un étrange docteur.
Parvenu au terme de sa vie, il cherche à effacer le gris sur son visage et voudrait trouver un rouge particulier, le rouge météorite.
Et voilà qu’un ange sans ailes mais affublé de talons aiguilles vient s’écraser dans son jardin.
Et voilà que Lucifer, fatigué et transportant sa valise de repentir, ne tarde pas à surgir à son tour.
Ils ne le savent pas encore mais chacun va avoir besoin de l’autre...

 


Note d’intention

 

"Ne sais-tu pas que la source de toutes les misères de l’homme, 
ce n’est pas la mort,mais la crainte de la mort ?" 

Epictète (extrait des Entretiens)


L’histoire de Beamon c’est l’histoire d’un homme qui a occupé sa vie à de prétendues «choses sérieuses» pour finalement réaliser qu’il est peut-être passé à côté de lui-même.
Le rouge météorite qu’il tente d’obtenir c’est selon moi la part d’enfance qui palpite en chacun de nous mais que l’on ne peut retrouver artificiellement.
C’est le rouge de la naïveté et des instants de timidité face à l’émotion grandissante, face à l’autre.
Et l’autre ici c’est un ange, un démon et une petite fille.Un ange qui a vacillé et aspire à retrouver sa goutte de sang, restée «en haut».
Un démon banni par les siens qui souhaite être accepté dans ce même «en haut».Une petite fille, fraîchement morte, qui cherche sa route sans savoir où aller.

"Oui je suis petit et seul et détraqué. Je n’ai jamais eu de météorite sur le visage, je suis resté petit et seul, dans ce jardin, ou bien je n’ai jamais été petit, je ne sais pas.
Mais mourir ce soir, le visage plein de sang, je ne peux pas.(...)” 
(Beamon - Acte 3 – Le Jardin de Beamon - F. Melquiot)


 

Le jardin de Beamon est la première pièce de Fabrice Melquiot. J’y ai d’ailleurs ressenti un écho lointain avec ma propre première pièce, Proelium, qui raconte également la rencontre inattendue d’un homme et du Diable. Melquiot en revanche n’use pas de la tragédie pour mettre en lumière les interactions profondes entre les humains, mais bien plutôt d’une forme à la fois drôle et poétique qui m’a immédiatement séduit.


Son écriture rythmée et pleine d’humour, pleinement accessible au jeune public, demeure riche de questionnements pour un public adulte.
Son adresse universelle à propos d’une thématique commune à chacun n’est pas sans rappeler certains contes philosophiques que l’on a plaisir à redécouvrir à tout âge.

Chaque personnage traverse une situation particulière qui nous questionne d’abord sur notre rapport aux autres et enfin sur notre rapport à l'existence.
L’Ange Lyre, personnage touchant parce que déstabilisé tant par sa chute que par son talon cassé, est victime du désir égoïste de Lucifer.
Beamon, par sa recherche effrénée de savoir et de contrôle, est victime de son propre désir aveugle qui l’amène à rater la spontanéité que précisément il convoitait.
Lucifer, bien que responsable de la chute de l’ange, s’avère envahi par son lourd passé et nous apparaît étrangement chargé de repentir.
La petite fille, quant à elle, vient éclairer de manière inattendue le propos sur cette innocence tant convoitée.Quatre entités. 


Quatre solitudes qui racontent la quête de l’autre, la nécessité de la rencontre pour arriver à vivre.
Quatre personnages qui traînent les traces de leur passé soit à travers leurs souvenirs, soit à travers leur culpabilité, soit avec l’absence même de passé.

 


”Je dois chercher mon chemin. Il faut que je rentre chez moi.
Il y a là-haut une petite goutte de mon sang qui m’appelle, une goutte si légère qu’on dirait de la rosée malade.
Ici, je n’ai rien.” 

(L’Ange Lyre - Partie 2 – Le Jardin de Beamon - F. Melquiot)

 



Approche scénographique
 

L’idée de la verticalité est particulièrement présente tout au long du récit avec, en l’occurrence, ce mobilier rouillé trop grand pour des humains. A l’heure actuelle j’imagine une structure qui permettrait un jeu autour du thème de l’ascension voire celui de la captivité.
La couleur est par ailleurs un aspect fort de ce texte, ne serait-ce que par la quête même de Beamon, le rouge météorite. J’aimerais donc travailler sur le sens des couleurs, leur présence ou leur disparition.

Il y a me semble-t-il un parallèle effectué par l’auteur entre les couleurs évoquées et le processus de transformation pratiqué par les alchimistes. Processus qui tentait de réaliser non seulement la Pierre philosophale, mais aussi l’élixir de longue vie, ce qui rejoint complètement le thème de la pièce.
L’autre parti pris qui me tient à coeur concerne le rôle de La petite fille. Il me semble que la place déterminante qu’elle occupe dans l’histoire ne serait traitée que de manière incomplète si le rôle était confié à une actrice «de chair et de sang». C’est pourquoi je souhaite travailler, et ce pour la première fois, avec la marionnette, dont la force poétique et symbolique me semble tout à fait appropriée.

Pierre-Etienne Vilbert
Septembre 2009

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